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En ouvrant ce blog, je suis très consciente du privilège que me confère cet outil exceptionnel de communication dont nos grands maîtres de la littérature auraient pu faire un si bel usage !

Désormais,je pourrai communiquer, échanger, alerter, informer, débattre, et les thèmes  de préoccupations ne m'ont pas manqué ..tout au long de ma vie professionnelle de professeur de français, d'inspectrice pédagogique régionale, d'Inspectrice d'Académie puis de Députée à l'Assemblée Nationale..

je sollicite l' indulgence car cette pratique, nouvelle pour moi , risque de me désarçonner parfois..

Odette Trupin

30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 17:38
 suite -2

Enthousiasme débordant d’abord, rayonnement pour une fonction totalement inconnue hier, devenue à mes yeux une mission humaine, nationale autant que locale, autorisant toutes les utopies et transcendant tous les courages…

Déception d’un parcours devenu vite stérile dans un microcosme d’intrigues où les dés, « pipés » d’avance, ne peuvent pas être jetés en confiance. La démonstration, si elle était à faire, de cette affirmation, m’a été démontrée à plusieurs reprises tout au long de ce mandat national..

Je me souviens pourtant sans regret de cet épisode intense d’une vie d’élue nationale, qui pendant un mandat de cinq ans, ai vécu une expérience rare, rayonnante et enivrante au point de ne plus avoir eu le temps de traiter d’autres problèmes, simples, personnels, quotidiens, essentiels, vitaux. C’est le revers de la médaille. Il en coûte parfois durement, à la vie de famille surtout, ainsi qu’à la santé chez beaucoup de députés..Je voudrais préciser ici en effet, l’intense tension à laquelle est soumis un élu national résidant dans une circonscription éloignée de Paris et soumis à la gestion de deux permanences à 600 kilomètres d’écart , et à un séjour hebdomadaire de deux à trois jours et parfois plus à Paris C’est bien souvent tenter de résoudre la quadrature du cercle, au prix de très nombreuses et fréquentes difficultés de toutes natures. Je citerai le décès « glorieux », en scène, du très populaire et très regretté Michel Crépeau, ancien ministre et maire de La Rochelle, après une intervention très écoutée, à la tribune de l’Assemblée et s’effondrant tout à coup , devant un hémicycle atterré.. Le souvenir des nombreux députés médecins, accourus alors et pratiquant le massage cardiaque ne me quittera jamais: je revois Bernard Kouchner, Philippe Douste Blazy , Jean Paul Bacquet, Jean François Mattéi et bien d’autres, pressés autour de lui comme en mêlée au rugby , et impuissants, aidant au transport d‘un corps désormais sans connaissance. Glace et panique dans l’hémicycle  ! .je garde aussi le souvenir de plusieurs collègues, moins connus, comme lui, décédés  subitement en cours de mandat. Parmi eux : François Péricard, célèbre journaliste, Claude Desbon, le député-maire d’Auch, frappé en plein travail et dans le coma six longs mois avant de succomber ! Et bien d'autres . et.je ne compte pas les collègues, surtout femmes, cédant à la pression stressante d’un agenda impitoyable par la démission d’un mandat souvent ingérable.

 Avec le recul, je suis intimement persuadée que c’est payer un lourd tribut à la France. Mais  ce vécu est exaltant, et la plupart des collègues, héroïques, vont jusqu’au bout, n’ayant pas le courage de la démission . Fort heureusement pour la République, certains députés, plus robustes, ou philosophes, et ils sont heureusement majoritaires, résistent sans difficulté apparente aux pressions de toutes natures. Mais beaucoup se plaignent  de cette vie aliénante, à laquelle tous sont assujettis impitoyablement. La grande difficulté réside dans l’obligation de présence toutes les semaines à l’Assemblée et des voyages exténuants que cela implique; de la réadaptation toujours renouvelée à laquelle chaque député est contraint entre les deux situations : Paris et la province Pour ma part, déjà  très entraînée aux déplacements aériens dans ma vie professionnelle, j’ai pris l’avion le plus souvent, avec les aléas fréquents des retards et des longues attentes dans les aéroports. Quelle course éperdue, le jour où , dans les couloirs d’Orly , avec ma collègue bordelaise , comme des collégiennes, lorsque, à 18 heures, au lieu d’aller  jusqu'à Orly sud, d’où devait décoller notre avion, en plein bavardage, nous nous sommes arrêtées à Orly ouest !!.. ratant lamentablement notre vol et nous obligeant à attendre le départ de 21 heurs15 !! le dernier !!...

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Published by odette trupin - dans Témoignages
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