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En ouvrant ce blog, je suis très consciente du privilège que me confère cet outil exceptionnel de communication dont nos grands maîtres de la littérature auraient pu faire un si bel usage !

Désormais,je pourrai communiquer, échanger, alerter, informer, débattre, et les thèmes  de préoccupations ne m'ont pas manqué ..tout au long de ma vie professionnelle de professeur de français, d'inspectrice pédagogique régionale, d'Inspectrice d'Académie puis de Députée à l'Assemblée Nationale..

je sollicite l' indulgence car cette pratique, nouvelle pour moi , risque de me désarçonner parfois..

Odette Trupin

19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 16:58

 

La politique a-t-elle pour finalité de produire du bonheur ? Ne parle-t-on pas d’ailleurs d’un droit au bonheur ? Nos grands penseurs de l’Antiquité hausseraient les épaules devant une telle prétention. Pour eux, l’organisation sociale, la cité, prime sur le plaisir ou le déplaisir de chacun. Ils nous préciseraient même qu’un Etat qui se donnerait pour but d’assurer le bonheur de ses habitants serait voué à la destruction, balloté entre leurs désirs contradictoires et successifs.

Vingt-quatre siècles plus tard, peut-on au moins envisager une politique du bonheur qui permettrait à des peuples de vivre heureux ? Ma réponse est nette : le bonheur ne s’administre pas. Pour une raison simple, il varie selon les individus et les âges de la vie. Il ne peut donc faire l’objet d’une loi, de règlement, de normes. Ou s’il devient sous contrôle du politique, il disparaît dans les geôles des totalitarismes. Le slogan célèbre de Mao, « trois ans d’effort pour mille ans de bonheur » a abouti à l’une des grandes catastrophes humanitaires : famine, répression, déportation.

À l’inverse, cet exemple montre que la politique, à coup sûr, peut provoquer du malheur. Une décision politique comme celle de la Shoah, a précipité des millions de personnes dans la tragédie. À une tout autre échelle, une société qui ne parvient pas à créer des richesses, du logement, des emplois ou à assurer la sécurité de ses membres devient une société du malheur.

Si la politique ne fabrique donc pas le bonheur, elle doit garantir à chacun les conditions permettant d’y accéder ou de le poursuivre. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 précise ainsi que « les réclamations des citoyens » doivent tourner autour du « bonheur de tous ». La Déclaration d’indépendance des États-Unis mentionne le droit inaliénable à « la recherche du bonheur ». Le bonheur devient alors un objet politique, mais uniquement comme une sorte de pare-feu qui protège l’individu contre la mainmise du pouvoir... " Alain Anziani Sénateur

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Published by odette trupin - dans DISCOURS
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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 10:12

 

"Mitterrand a commencé à se passionner pour l’histoire de France. « On ne peut rien faire avec la France si on ne l'aime pas » disait François Mitterrand. La France, il l'aimait. Il aimait sa longue histoire et sa culture. Il aimait et défendait les « grandes idées » qui avaient, disait-il, « soulevé le monde ». Il ne voulait pas la France livrée aux clans et aux déchirures : il la voulait unie. A l'opposé de ceux qui attisent les peurs, il en appelait toujours « à la part noble, à la part fraternelle, à la part courageuse que le peuple français porte en lui ». Il rappelait sans cesse que la France n'est jamais aussi grande, entendue, respectée que quand elle porte un message universel et y conforme ses actes. De nouvelles dominations, disait-il aussi, se substituent à celles qu'on a détruites, c'est pourquoi il faut à chaque époque chercher à nouveau comment tenir la promesse républicaine fondatrice de liberté, d'égalité et de fraternité : « le combat change de forme mais pas de sens », nous expliquait-il C’est ainsi que François Mitterrand n'a jamais sous-estimé l'acharnement des intérêts financiers coalisés. Nous sommes plusieurs ici à nous souvenir de ce message prémonitoire qu'il nous a dressé lors du dernier Conseil des Ministres de 1993 : ils s'en prendront aux retraites, à la santé, à la sécurité sociale car ceux qui possèdent beaucoup veulent toujours posséder plus et les assurances privées attendent de faire main basse sur le pactole. Vous vous battrez le dos au mur. Il savait la rudesse de ce combat permanent. Le courage : courage dans la Résistance, courage dans le combat politique, courage face à la maladie, courage face aux calomnies d’une violence extrême qui pourtant ne l’ont pas fait dévier de la ligne qu’il s’était fixée : alors qu’il maîtrisait parfaitement l’art de la langue française et qu’il avait le trait parfois féroce ; il s’est toujours refusé, lui, au relâchement langagier et aux attaques personnelles. En un mot, il avait de la tenue dans le combat politique. L’époque, hélas, s’est bien dégradée même sur ce plan là. « Dans les épreuves décisives, disait-il, on ne franchit l'obstacle que de face ». Certains, même parmi ses adversaires, saluent le stratège. Si la politique est aussi un art d'exécution, il possédait ce talent-là au plus haut point. Mais l'essentiel est au-dessus : dans la constance de convictions dont il a toujours tenu le cap car, pour les plus importantes d'entre elles, très tôt forgées, dès la guerre : « je ne me sentais pas né, a-t-il écrit, pour vivre citoyen d'un peuple humilié », là où s'enracine également son idéal européen et dès les camps de prisonniers où il disait avoir vécu les moments les plus forts de fraternité. Il fut - et, dans le contexte d'aujourd'hui d’un Etat si loin d’être irréprochable, cela mérite tout particulièrement d'être rappelé – il fut, l'artisan d'une extension sans précédent des libertés publiques, le défenseur sourcilleux de l'équilibre de nos institutions et de la séparation des pouvoirs, le garant intraitable de la liberté d'expression, le gardien de l'Etat de droit. Robert Badinter s’en souvient mieux que quiconque. Il a, avec Pierre Mauroy et Gaston Defferre, accompli la grande réforme de la décentralisation dont la droite prend aujourd'hui le contre-pied pour mettre au pas les collectivités territoriales que François Mitterrand avait libérées pour rapprocher le pouvoir des citoyens. Il avait une profonde compréhension des jeunes et de leur capacité de révolte. Il n'aurait pas, lui, moqué les jeunes qui manifestent contre les réformes injustes, lui qui en Mai 68, déclare à l'Assemblée Nationale : « la jeunesse n'a pas toujours raison mais le pouvoir qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort ». Amoureux des livres, familier des libraires, il a aussi soutenu toutes les formes de création contemporaines et populaires, du spectacle vivant à la Fête de la Musique, inventée par Jack Lang. Epris du riche patrimoine français, infiniment sensible à la beauté des églises romanes que notre région compte en nombre, il eut aussi l'audace de gestes architecturaux à la pointe de la modernité, qui ont redessiné la capitale, n’est-ce pas Bertrand (la pyramide du Louvres, la grande Arche de la Défense, la grande bibliothèque qui porte désormais son nom). Ici, nous lui devons l'inscription du Marais Poitevin au nombre des grands travaux présidentiels, seul projet rural retenu à ce titre. Ce fut un soutien décisif pour la sauvegarde et le développement de notre « Venise Verte » que menaçait un tracé d'autoroute brutal pour cet éco-système fragile et unique. Je me souviens de ce mois de février 1994 où il est venu lancer les travaux sur le petit port maraîchin d’Arçais, dans ma circonscription des Deux-Sèvres. Il avait merveilleusement évoqué ce marais mouillé qu'il connaissait bien, les lentilles d’eau qui se referment dans les conches après le lent passage des bateaux, la terre et l'eau qui se confondent, les vaches maraîchines transportées dans des plates, la merveilleuse « interpénétration entre la force et la richesse de la nature, l'imagination et le rêve de l'homme ». On y éprouve, avait-il dit, « une sorte de sentiment d'éternité dans la beauté ». François Mitterrand fut aussi visionnaire et notamment dans un domaine d'une actualité brûlante : l'Europe. On sait avec quelle détermination inflexible, il a relancé la construction de cette Europe qu'il avait trouvée moribonde. Jamais il n'a voulu qu'elle se limite à un grand marché libre-échangiste : « l'Europe, disait-il, n'est pas une manufacture ». Il voulait non seulement une union monétaire mais aussi une union économique capable d'investissements à long terme pour préparer l'avenir ensemble. Il a inlassablement plaidé pour une Europe sociale :

 

 

 

 

 

« faute de quoi, écrivait-il, les travailleurs d'Europe détourneront la tête et ces regards absents livreront la Communauté à la solitude des mourants ».

Il voulait une Europe démocratique qui ne reste pas le « monopole d'une élite technocratique ».

Une Europe politique capable de tenir son rang, de protéger les siens et de peser dans un monde voué à devenir multipolaire.

Une Europe, aussi, capable d'assurer collectivement sa défense.

Il disait que l'Europe n'est pas l'ennemie des patries et voulait une France forte dans une Europe forte.

Il avait annoncé ce qu'il en coûterait de tarder et de tergiverser : « le réveil des nationalismes haineux et des xénophobies ».

A voir ce qu'il en est de l'Europe du moment (solidaire à reculons, mal aimée de ses peuples, attaquée par les marchés financiers, tentée par diverses formes de repli, peu capable de parler d'une même voix), comment ne pas être frappé par la lucidité et la force des avertissements de François Mitterrand ? C’est un appel pressant pour agir avant qu’il ne soit trop tard !...S.ROYAL(discours)

 

 

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