Selon Antoine de Rivarol, la langue est le « vêtement de la pensée, il existe une éternelle alliance de la pensée et de la langue ».
Aucune langue n'est innocente, La langue est le reflet du génie d'un peuple. Elle exprime une vision du monde, des conceptions propres à une nation, une certaine idée de l'homme. C'est
précisément dans la mesure où une langue peut être porteuse de valeurs particulières qu'elle se distingue dans son rapport à l'économie .L'avenir de la langue comporte des enjeux sociaux et
économiques majeurs. En cela, la langue est au coeur du combat pour la préservation de l'humanisme.
La pensée française a toujours subordonné l'économie au service de l'homme et de ses besoins alors que l'anglo-américain épouse la formule du capitalisme sauvage dont il est
aujourd'hui l'idiome d'une pensée unique ;elle donne sa marque à une mondialisation qui tend aujourd'hui vers la globalisation, c'est-à-dire vers un monde unipolaire dominé par une seule
superpuissance qui fait prédominer ses intérêts économiques et impose ses valeurs hégémoniques et son idiome. Selon la pensée anglo-saxonne ultralibérale, l'économie devient
un « en-soi » supérieur sans aucun rôle social. A l'opposé, la pensée française s'inscrit dans la tradition de la civilisation grecque où s'exprime l'idée que l'économie n'est pas
une fin en soi.C'est pourquoi les milieux intellectuels et politiques ont souvent manifesté leur opposition à « l'individualisme égoïste » ou « l'hypercapitalisme grossier »
Cette affirmation est typique d'une « exception française » en butte à une mondialisation mal maîtrisée et à une gobalisation opérée sur le modèle unique des Etats -Unis.
A cet égard, l'exception francophone en matière socio-économique est de nature à susciter le soutien de nombreux pays, dans les cinq continents, qui, comme la France, ne souhaitent
pas voir sacrifier la dimension sociale de l'économie sur l'autel de l'ultralibéralisme....