le Blog d'Odette TRUPIN
intervention à l'Assemblée nationale, dans l'hémicycle ,d'Odette Trupin sur ce thème en 2000 :
"Le premier ministre a évoqué la nécessité d'une politique française ambitieuse en Europe. Dans cet esprit, je souhaiterais , Messieurs les ministres, vous alerter sur la position de la
langue française et du multilinguisme en tant qu'outils de travail et de communication au sein de l'Union. Le principe de l'égalité des langues officielles posé par le règlement du conseil du 15
avril 1958, a été constamment réaffirmé au fil des adhésions. Le traité d'Amsterdam comporte, en outre, une disposition permettant à tout citoyen de l'Union d'écrire aux institutions dans la
langue de son choix et d'obtenir une réponse dans cette même langue.
Au début de la construction européenne, la langue française bénéficiait dune position privilégiée, presqu'à égalité avec l'anglais comme langue de rédaction dans les services de la
Commission. Elle est également l'une des trois langues de t'ravail de la Ccommission et la langue de délibération dans le système juridictionnel communautaire. Mais sa place semble remise en
cause. Son emploi au sein des institutions européennes décline, notamment à la suite des dernières adhésions...
Cette situation, très préjudiciable à l'image du français et de la France, pourrait léser à moyen terme, les intérêts nationaux, et handicaper la représentation de la France au sein de l'Europe
et même du monde.Les conséquences de cet état de fait risquent d'être non seulement politiques, mais aussi économiques. Toutefois, cette régression ne doit pas être considérée comme une fatalité.
Elle nécessite cependant une réaction d'autant plus rapide que l' élargissement. risque d'aggraver encore le phénomène. ..
Pendant la présidence française de l'Union, européenne, nous devos être particulièrement vigilants et faire susciter une prise de conscience de toute la communaité européenne. C'est par une
action collective enn faveur de l'usage du fravçais dans les institutions européennes et plus généralement enfaveur du respect de la diversité linguistique et culturelle en Europe, que nous
parerons au risque d'unioformisation et d' appauvrissement de la pensée que créerait la prépondérance d'une seule langue. Il faut envisager des mesures propres à garantir le respect du
statut juridique des langues européennes. Nous devons obtenir de continuer à travailler dans notre langue au sein des institutions car c'est grâce à la place qu'elle occupera en Europe que la
langue française conservera sa force d'attraction dans le monde."
Cet appel aux instances politiques d'alors est d'autant plus important que malgré quelques mesures timides effectivement annoncées par la suite, l'importance du plurilinguisme
est peu considérée dans les séances actuelles de l'Union.
Il faut donc compter sur la très prochaine présidence française pour qu'une prise de conscience de cet enjeu stratégique
soit effective car il garantit la prise en compte de la diversité des langues et surtout le respect des cultures.