le Blog d'Odette TRUPIN
Le constat est accablant: nos enfants ne savent plus lire, ni compter, ni..penser. Les enseignants, confondus par le gouffre de l'illettrisme de certains de leurs élèves, prétendant au "minuscule" brevet des collèges, à l'issue de la 3ème ,les taxent parfois d'"analphabètes" ce qui, même justifié, ne fait qu'aggraver le terrible verdict, car il plonge l'adolescent dans une spirale de dégradation qui ne peut qu' accentuer l'échec.. Alors, qui peut porter la responsabilité d'une telle situation : les élèves ? les enseignants ? le système éducatif ,qui fut pourtant l'un des meilleurs du monde dans les années1970-75 ? les familles ? la société tout entière, construite depuis Jean Pierre Chevènement ,selon le principe : "80% d'une classe d'âge au baccalauréat" ? je pense que tous, en l' occurrence, sont à la fois victimes et bourreaux car, s'il est vrai que l'échec scolaire est beaucoup plus fréquent dans les familles dites "pauvres", que dans les milieux aisés, un démenti est apporté par ceux qui, avec les mêmes origines vivent ,soit le succès, soit l'échec . Il convient pourtant de réagir au plus vite pour tenter d'inverser cette mort accélérée de l'école de Jules Ferry : "publique,laïque, obligatoire", celle que nous respectons tous.
D'abord, les difficultés inhérentes aux différences sociales devraient être prises en compte dès le départ, lorsque les enfants sont tous "alignés" comme des petits soldats, dans les "starting blocks" à la sortie de l'école maternelle . Des systèmes de remédiation adaptés et individualisés permettraient dès lors de réduire des écarts immédiatement perceptibles. Simultanément, une aide aux familles est indispensable pour les associer pleinement au rôle qui est le leur. Quant aux procédures pédagogiques de transmission du savoir, beaucoup peut être fait pour encourager les enseignants à une rigueur méthodologique indispensable , et à l'approche pratique d'une réelle évaluation formative tout au long de l'année scolaire, réservant les évaluations -couperets, en d'autres mots, sommatives, pour les contrôles obligatoires et les examens. Dans le même temps, et pour combattre l'instinct de violence qui se développe dangereusement, maîtres, parents, "politiques", toute la communauté citoyenne , devraient se pencher sur le rôle de l'image, des moyens raccourcis de transmission de la pensée et entreprendre de donner des repères solides aux uns et aux autres pour sensibiliser l'enfant le plus tôt possible.à un certain nombre de valeurs fondamentales et réinstaurer une discipline mettant en vigueur un principe d'autorité souvent en miettes après Mai 1968 ! Liberté ne peut sous aucun prétexte signifier fantaisie..tant s'en faut ! et pourtant, nombreux sont aujourd'hui les exemples de la rue qui démontrent la confusion des mentalités là-dessus.
Tout cela concernerait un programme d'éducation , à mettre en oeuvre au plus vite avec des "politiques" convaincus, expérimentés, compétents, et tout un système prêt à évoluer qu'il s'agisse des enseignants et de leurs représentants syndicaux, des IUFM, des familles. .. Ces quelques idées ,simples , pourraient ouvrir la porte à plusieurs changements dans l'institution scolaire et ,par voie de conséquence à la société française , responsable des générations à venir...