le Blog d'Odette TRUPIN
Par odette trupin
Depuis les premières eaux du monde, quel océan plus pur et plus profond que les larmes confondues de toutes les mères de la terre ?Nous sommes tous irrigués par ce fleuve intérieur qui roule ses eaux vives et ses écumes, ses remous et ses remords, ses pleurs de bonheur et ses sanglots ce que la Portia de Shakespeare appelle "the milk of human kindness": le lait de la tendresse humaine. Du clair-obscur des cavernes aux veilleuses bleues des nurseries, et du plus loin qu'on se souvienne, il y a toujours eu, sanglée dans une peau de bête ou drapée dans une tunique à cordelière, une femme anxieuse, penchée sur une litière ou sur un berceau où gémissait un enfant. Et du plus loin qu'on se souvienne dans la mémoire des hommes, il y a toujours eu un sein gonflé tendu à des lèvres avides, et des mains dont la tendresse inquiète s'attardait des langes aux fontanelles; Il y a toujours eu , dans les huttes ou dans les maisons, le cri strident du nouveau-né qui perçait le silence de la nuit. Il y a eu d'interminables veilles ponctuées de prières, secouées de sanglots et de supplices où tremblait toute l'angoisse du monde . Il y a eu au long des siècles et des siècles, dans les châteaux, sur les chalands, sous les lambris ou sous les chaumes, des rites solennels et familiers: gâteau, bougies, compliment rimé et robe des dimanches? Et le petit tendait ses fleurs : "un bouquet pour toi , Maman ! ".
"ah! les mères quel mystère ! " dit Yung . Quel mystère , sans doute, mais quelle marée de miracles!! Qui expliquera jamais le sortilège primaire et divin de la maternité ?
"Ma mère, ma tendre mère écrit Ernest Renan, c'est dans votre sein que je viens épancher la plus grande peine que j'aie épouvée et que j'éprouverai peut-être.
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