le Blog d'Odette TRUPIN
Par odette trupin
La volonté de produire toujours du nouveau a engendré une phase de déclin de la créativité artistique. Elle coïncide sensiblement avec l'effondrement des valeurs et la naissance des sociétés démocratiques modernes où tout ce qui constitue l 'existence humaine est pensé en rupture avec la tradition, à partir de l'idée de subjectivité, en termes de conscience et de volonté. Cette rupture s'accomplit pourtant au nom de valeurs (liberté, égalité), mais ces valeurs sont celles qui promeuvent l'existence individuelle. C'est au nom de l'égalité que les individus se révoltent contre la hiérarchie, et c'est par référence à la liberté, entendue comme autonomie, qu'ils dénoncent et contestent les traditions. L'effondrement des valeurs signifie donc la fin d'un mode de justification des conduites humaines, la disparition de l'autorité de la tradition et de la référence au passé, au profit de la préoccupation pour l'avenir et du culte du nouveau. Rébellion contre les valeurs et les normes de la société bourgeoise, le modernisme met en place une culture individualiste fondée sur l'exaltation du moi, sur l'authenticité et le plaisir, toutes choses qui s'opposent aux moeurs rigoristes du passé. C'est cette morale "ascétique" qui subit les assauts des créateurs au XXème siècle. Relayée par la consommation de masse, et notamment par le crédit, qui permet de satisfaire immédiatement ses désirs, cette critique va mettre en place la "culture moderne" dont le noyau dur est constiyué par l'hédonisme et l'accomplissement de soi, l' individu, reconnu libre, aspire à s'émanciper de l'emprise du passé et de toute soumission à des normes coercitives. Il n'est donc pas surprenant, qu'après s'être révolté contre le rationalisme étriqué de la morale bourgeoise, l'individualisme démocratique en soit venu à contester l'idée même de normativité, considérée comme insupportablement répressive, notamment dans les années 1968 !!
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